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ALEXIS ALLARD

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1. Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour Pixie Games, j'ai 41 ans et je vis en région toulousaine. Je créé des jeux depuis 2015. Small Islands qui est illustré par Aurélie Guarino, est mon premier jeu édité. Il est sorti en 2018. Je créé des jeux assez différents mais je me suis fait une spécialité en faisant des modes solo qui soient les plus sympas possibles pour les joueurs solo qui ont tendance à être oubliés. Pour ça j'ai créé une formule avec un label, le Mode Solo Alexis, qui permet de jouer contre des adversaires virtuels avec des niveaux de difficultés et des personnalités différentes. On retrouve donc le Mode Solo Alexis dans Small Islands, mais aussi dans une extension pour Welcome To..., un jeu créé par Benoit Turpin, et dans Tanuki Market, mon nouveau jeu qui sort en boutique, illustré par Naïade et édité par Superlude

2. Quels sont les jeux qui t’ont le plus marqué ?

En tant que joueur, Puerto Rico d'Andreas Seyfarth et Love Letter de Kanai Seiji m'ont beaucoup marqué. J'ai peut-être un lien plus affectif pour ces jeux parce qu'ils m'ont fait découvrir les jeux de société moderne il y a 5 ans. Je continue toujours d'y jouer et restent mes jeux préférés. Parmi mes jeux préférés il y a aussi des jeux comme Iki de Yamada Koota, Vinci de Philippe Keyaerts qui est l'ancienne version de Small World, ou encore Freak Shop de Henri Kermarrec. En tant qu'auteur il y a aussi des jeux qui m'ont pas mal influencé même si j'y ai moins joué, comme : Civilisation de Francis Tresham, El Grande de Wolfgang Kramer, ainsi que des auteurs comme Michael Schacht, Stefan Dorra, Bruno Cathala bien sûr, et puis aussi les auteurs du MALT, le collectif d'auteurs à Toulouse dont je fais partie. Voir travailler des auteurs comme Romaric Galonnier, Benoit Turpin ou encore Joan Dufour, ça m'a énormément influencé sur ma façon de créer des jeux.

3. Qu’est ce qui t’a donné envie d’être auteur ?

À la base, j'ai une formation artistique, j'ai pas mal pratiqué le dessin, la peinture et puis je suis devenu infographiste. Alors quand j'ai découvert la culture du jeu de société, j'ai tout de suite considéré ça comme une discipline artistique à part entière, avec des auteurs, des illustrateurs... Je fais partie de ces personnes qui ont besoin de s'exprimer par le biais de la création. Donc ça m'est venu assez naturellement de créer des jeux. Déjà auparavant, je me suis rendu compte que dans le dessin, ce qui m'intéressait c'était de créer des systèmes plutôt que le dessin lui-même. C'est donc un peu tardivement que j'ai trouvé dans le jeu de société mon medium de prédilection.

4. Peux-tu nous présenter quelques-uns de tes jeux ?

Small Islands est mon premier jeu édité. Il est sorti il y a un an en 2018, illustré par Aurélie Guarino et édité par MushrooM Games. C'est un jeu de placement de tuiles dans lequel les joueurs vont explorer des îles qui se découvrent au fur et à mesure de la partie. C'est un jeu dans la lignée de Carcassonne mais qui propose des sensations de jeu et des niveaux de réflexion bien différents. Il a été bien accueilli par le public et certains en parlent même comme d'un Carcassonne killer ! Ce qui fait vraiment plaisir pour un premier jeu ! Personnellement, je ne me rendais pas vraiment compte que je m'attaquais à un vrai monument du jeu ! Mais je crois qu'avec mon éditeur, Nicholas Bodart, on a réussi à amener quelque chose de nouveau et qui correspond à nos envies de joueurs. Aujourd'hui, il continue à se vendre et à faire son chemin à l'étranger. Il vient de sortir en Italie par exemple où il a un super accueil. Ensuite, Benoit Turpin m'a invité à créer un nouveau mode solo pour son jeu Welcome To... C'est un roll and write, illustré par Anne Heidsieck, dans lequel on construit des maisons dans les années 50 et qui a marqué le début d'une mode pour ce genre de jeux. Ce mode solo est sorti dans une extension en début d'année. Comme Benoit me voyait travailler sur des modes solo, il a estimé que j'avais plus les compétences pour le faire. Mais c'était quand même incroyablement généreux de sa part de m’inviter à créer ce mode solo !

5. Quelles difficultés as-tu pu rencontrer en tant qu’auteur ?

Des difficultés il y en a un peu à tous les niveaux. Le plus difficile déjà, c'est peut-être tout simplement de créer un bon jeu ! Pour ma part, ce qui m'est le plus difficile c'est de retravailler sur un même jeu encore et encore. Moi, j'aimerais qu'un jeu soit bon tout de suite ! Mais pour créer un jeu il faut le tester et le retravailler des dizaines et parfois des centaines de fois. Pour qu'un jeu soit vraiment abouti, il faut en passer par là. Maintenant avec l'expérience, je vois plus rapidement ce qui ne fonctionne pas dans un jeu et les solutions qu'il faut y apporter. Ce qu'il y a de bien dans la création de jeu de société, c'est qu'au début ça parait accessible. Contrairement à la musique ou la peinture, par exemple, où il parait évident qu'il faut des années d'apprentissage avant de manier un pinceau ou un instrument correctement. Je pense que créer un jeu ça fait moins peur et c'est pour ça que la création est très vivante avec beaucoup d'auteurs qui se lancent là-dedans. Mais par la suite tu te rends compte qu'il y a un vrai savoir-faire et que ça prend du temps pour l'acquérir.

6. Parle-nous de ton actualité ?

En ce moment, Tanuki Market est sur le point de sortir en boutique est je suis super impatient d'avoir pleins de retours de la part des joueurs ! Il est illustré par Naïade et édité par Superlude. C'est un jeu de collection de cartes et de stop ou encore très simple et rapide dans lequel on est des Tanuki et on doit piquer des fruits dans une épicerie pour faire la plus belle table de fruits. Je crois qu'il y a le niveau de réflexion accessible et suffisant pour rassembler et captiver tout le monde autour de la table. L'originalité c'est que tout le monde joue en même temps et en temps réel, ce qui n'existait pas vraiment dans ce genre de jeu. J'ai entièrement créé le jeu autour de cette idée. Ainsi il n'y a jamais de temps mort dans une partie. C'est aussi un jeu de rapidité mais dans lequel quand on est un joueur super lent comme moi on peut gagner quand même ! Du coup je pense que les joueurs qui n'aiment pas les jeux de rapidité vont apprécier. Il y a un côté très satisfaisant à récupérer des fruits et le système de jeu en simultané génère beaucoup d'interaction et de bonne ambiance. En tout cas je suis super content du résultat. Avec Naïade aux illustrations et Antoine Davrou des éditions Superlude, on s'est super bien entendu sur la direction et l'ambiance à donner au jeu, avec un univers japonais, des fruits et des tanuki.

7. Quels sont les projets sur lesquels tu travailles actuellement ?

En ce moment je travaille sur le mode solo de Welcome To New Las Vegas, un nouveau jeu de Benoit Turpin chez Blue Cocker. C'est un tout nouveau jeu mais avec le même système que Welcome To... et qui va proposer un challenge supérieur au premier. Ça devrait sortir en janvier 2020 chez Blue Cocker, toujours illustré par Anne Heidsieck. Puis vers le mois d’avril 2020, j'ai un jeu qui doit sortir chez Aurora Games et qui s'appelle Slips ! Parce que c'est un jeu avec des slips dans lequel il faut se débarrasser de ses slips ! Mais je te rassure il s'agit plutôt de se débarrasser de ses cartes ! C'est un jeu de rapidité familial, très fun et qui se joue en 3 minutes. Comme je te l'ai dit je suis très mauvais dans les jeux de rapidité et j'ai donc crée le jeu de rapidité qui me plait et qui j'espère plaira aux joueurs. J'ai donc fait le maximum pour que ce soit accessible même aux joueurs qui ont du mal avec ça, avec des modes de jeu chacun pour soi, en équipes ou coopératif. Le thème complètement incongru attire la curiosité des joueurs au début, et ensuite ça part souvent en fou rire durant la partie. J'ai donc hâte que ces jeux sortent mais il y a encore pas mal de boulot. Ensuite je bosse sur d'autres jeux mais qui sont encore loin d'aboutir. Il y a pas mal de mécaniques et de thèmes qui me travaillent, des avions, des bateaux, le Japon, des thèmes historiques, de la conquête de territoires… On verra bien où ça me mènera…

8. Combien de temps travailles-tu sur un projet ?

Vraiment ça dépend, et c'est pas forcément proportionnel à la taille du jeu. De l'idée à la sortie en boutique ça prend généralement au moins 2 ans. Ce qui est le cas pour Tanuki Market qui est le jeu qui a été le plus facile à faire. Après je ne travaille pas à temps plein sur un jeu, je jongle entre différents projets selon les besoins et l'inspiration. En plus c'est souvent bénéfique de laisser de côté un jeu quelques temps pour le reprendre plus tard avec un œil neuf. Par exemple je continue encore de travailler sur mon tout premier jeu que j'ai commencé à créer il y a plus de 4 ans.

9. Quel est ton jeu Pixie préféré ?

J'ai vu que vous distribuez Puerto Rico maintenant, donc forcément Perto Rico ! Dans le catalogue Pixie il y a aussi Doodle Islands d'Eilif Svensson et Kristian Amundsen Østby, illustré par Naïade et édité par Superlude comme par hasard ! C'est vraiment un de mes roll and write préférés et un des plus beaux avec Welcome To... Il faut tracer des routes de navigation et c'est plus profond que ça en a l'air. Plus récemment j'ai beaucoup aimé Museum d'Éric Dubus et Olivier Mélison chez Holy Grail Games. Peut-être le plus beau jeu illustré par Vincent Dutrait.

10. Quel est ton fruit préféré ?

Je dois dire que je ne mange pas beaucoup de fruits ! Alors c'est peut-être bizarre d'avoir créé un jeu avec des fruits mais c'était pour le côté visuel et sympa que je l'ai fait. Il m'arrive d'acheter des fruits parce que je les trouve beaux mais après je les mange pas et c'est gâché, donc maintenant j'évite. Mais je devrais en manger plus c'est sûr ! Dans Tanuki Market, le fruit que je préfère c'est l'ananas, c'est un peu à la mode et j'adore le look de ce fruit. Dans la réalité je préfère les melons, d'autant qu'au Japon ils adorent ça et ils font des tas de trucs parfumés au melon que j'adore. Par exemple, quand j'y vais, je bois un maximum de soda au melon, il y en a dans tous les fast-foods, et j’adore ça. Je regrette qu’on n’ait pas pu mettre des melons dans le jeu mais pour des questions d'ergonomie, de taille et de couleur ça faisait doublon avec les pastèques qui étaient plus intéressantes graphiquement. Il fallait faire des choix...

11. Depuis quand portes tu la barbe ?

Ahah ! Je comprends ta question, les gens veulent savoir ! En fait ça fait longtemps que je porte la barbe bien avant que ce soit la mode. Mais avant c'était plutôt par négligence, du genre j'ai oublié de me raser depuis 2 mois ! Seulement c'était moche et plutôt désagréable. Et puis, il y a un peu plus de 2 ans, pour me faire plaisir je suis allé chez un barbier et je me suis rendu compte qu'avec un peu d'entretien, un peu de taillage, d'huile à barbe et quelques produits qui vont bien, ça peut être sympa et je porte vraiment la barbe depuis ce moment. Et puis la barbe ça compense un peu pour les cheveux qui se sont barrés depuis longtemps !

12. Un mot pour terminer ?

Et bien j'espère que les joueurs aimeront Tanuki Market et qu'ils continueront à suivre ce que je fais, par exemple sur ma page facebook.com/freetergames. J'ai aussi envie de dire un mot sur tous les bénévoles qui organisent et animent les festivals un peu partout en France. Tous ces événements qu'ils soient grands ou petits sont hyper utiles pour les auteurs et éditeurs pour faire connaître les jeux au public. Donc merci et à eux. Et merci à toi aussi pour cette interview.

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